Projet

Pratiquer la méditation de pleine conscience en milieu carcéral

Comme le mentionne un article du site Santé publique France, “La population carcérale est exposée
à des risques liés à l’enfermement et à la privation de la liberté susceptibles d’être aggravés par les
conditions de détention”.
Les conditions de vie des détenus sont difficiles. On compte trois fois plus de troubles psychiatriques
et huit fois plus de problèmes d’addiction en population carcérale qu’en population générale… Le
taux de suicide en milieu carcéral est sept fois supérieur à celui de la population générale.
De nombreuses recherches prouvent que la méditation de pleine conscience a des effets préventifs
aussi bien que curatifs sur la santé physique et mentale. La pratique de la pleine conscience se
traduit par :
– la diminution du stress et de l’anxiété
– une meilleure gestion des émotions destructrices
– une diminution des comportements violents
– une réduction des symptômes de la dépression et du risque de récidive
– une meilleure gestion du craving, un des facteurs prédictifs (avec le stress) des rechutes addictives
– une diminution des symptômes dépressifs et anxieux des personnes avec troubles bipolaires.

L’apprentissage de la méditation de pleine conscience pourrait être proposé à grande échelle et à
faible coût aux détenus. Pour ce faire, il suffirait de quelques séances d’introduction initiales,
complétées par un manuel d’apprentissage autodidacte. Un détenu suffisamment motivé pourrait
ainsi s’approprier cet outil grâce aux ressources mises à disposition dans les bibliothèques des
bâtiments (lectures, enregistrements de méditations guidées).
La méditation de pleine conscience initie un cercle vertueux pour le détenu. Motivé par les moments
de calme qu’il expérimente, il développe progressivement sa capacité à gérer son esprit et ses
émotions. Cela lui offre un meilleur contrôle sur sa colère et sa violence, et lui permet de prendre de
la distance avec ses désirs et ses addictions.
Grâce à cette autodiscipline, le détenu retrouve le sentiment de se prendre en main. L’espoir d’une
existence future plus sereine et fonctionnelle contribue à la sensation de préparer activement sa
réinsertion, et donne ainsi un sens et un objectif à la période d’incarcération qui lui reste.
Dans la mesure où un certain nombre de détenus apprennent à gérer leur stress et la violence qui en
découle, on peut envisager un impact favorable sur l’atmosphère carcérale.
Par ailleurs, il semble évident qu’un détenu qui a appris à mieux maîtriser son stress, ses émotions et
ses tendances addictives sera plus à même de se réinsérer et d’éviter le piège de la récidive à sa
sortie de prison. Le projet répond donc aux besoins détectés par la Haute Autorité de la Santé (Développer la qualité
dans le champ sanitaire, social et médico-social : Evaluation de la prise en charge des patients privés
de liberté du fait d’un séjour en milieu carcéral selon le référentiel de certification), à ceux repérés
par l’administration pénitentiaire  (notamment en terme de réduction de la violence ) mais aussi
à certains objectifs du SPIP, comme celui de prévenir les récidives par la mise en place d’activités en
milieu carcéral.